Sommaire des huit précédentes parutions

8. Métamorphoses

Jean-Claude Rolland articule travail de remémoration et travail d’interprétation qui délient les déplacements, déformations, transformations que le traumatisme originaire, le fait historique, doivent traverser pour advenir à la conscience et se dissiper. Ce sont ces transformations, œuvres créatrices de l’appareil psychique, dont Freud rappelle qu’elles constituaient une pré-psychologie : ainsi la mythologie parlait-elle des « métamorphoses ».

Françoise Davoine raconte comment les figures de la métamorphose font advenir dans l’analyse, au front des aires de mort, les formes survivantes de l’Histoire. Métamorphose comme instrument d’investigation pour approcher la part d’inconscient qui renvoie aux éléments les plus archaïques de l’expérience humaine.

Jean-Michel Porret aborde le « fantasme » d’être métamorphosé par l’analyste, comme un défi jeté à l’omnipotence qui lui est imputée, et finalement à toutes ses tentatives de provoquer des changements dans le fonctionnement psychique de l’analysant. Le patient se rend ainsi invulnérable à la métamorphose, que par ailleurs il réclame.

Françoise Frontisi-Ducroux propose une ouverture érudite à la mythologie des métamorphoses, en particulier au poème d’Ovide qui embrasse la presque totalité des récits antiques. La métamorphose est pour les anciens un outil d’exploration des catégories qui ordonnent le monde : elle le rend compréhensible et dit le lien entre mortels et immortels.

En deux articles, Olivier Bonard aborde la métamorphose de l’objet puis de la pulsion.
Patient et analyste sont entraînés au plus près de l’imago par la métamorphose, avant de consentir à en prendre distance dans l’interprétation à laquelle elle ouvre. Ce point de vue économique est complété dans le second article par une réflexion sur la métamorphose de la pulsion que constitue la sublimation en séance, un dispositif où s’exerce un « Noli me tangere ».

A partir d’un exemple clinique riche d’enseignements, Antonino Ferro nous fait sentir combien l’activité mythopoïétique du couple analyste-patient permet de symboliser et d’élaborer le non-pensable. Il y développe sa conception originale du champ, de la co-narration, et du travail des « personnages » de la séance.
Evolution, dérive ou métamorphose? Comment situer l’œuvre d’Antonino Ferro dans le courant de la pensée et de la technique psychanalytique?

Jean-Pierre Zaugg arpente les concepts de narrativité, de champ, de personnages, de contenus-contenants et d’intersubjectivité, chers au psychanalyste italien.

Maurice Rey recherche avec soin les significations de la métamorphose pour les auteurs de langue allemande et les transformations qu’elles ont subi par la traduction en français. Il s’appuie sur ces découvertes pour reconsidérer le débat entre Freud et Jung. Dans cet élan, il s’adresse alors à un poème de Cocteau pour donner corps à cette notion et termine par des illustrations cliniques éclairantes.

Nina de Spengler et Maurice Rey reprennent la controverse entre Freud et Jung. Nina de Spengler va droit au centre du débat sur la libido et l’alchimie que le psychisme élabore à partir du corps sexué pour le rejoindre ou en prendre distance. Il devient évident dans ce dialogue entre les deux grands psychanalystes que la métamorphose de la pulsion est au centre de leur passion.

Hervé Bridy interroge les transformations progressives qui précèdent un moment mutatif au cours d’un travail psychanalytique. Lorsque des troubles du narcissisme sont au premier plan, l’analyse des identifications de type mélancolique permet de dé-gager la sexualité de son caractère effrayant et ouvre la voie à la symbolisation.

Par le tableau fascinant des métamorphoses vestimentaires de Lolita, une adolescente endeuillée, Irène Nigolian illustre l’appui sur le corps que cherche cette patiente confrontée aux changements pubertaires.

Partant des mythes et de la littérature, Ariane Treu nous expose cinq caractères de la métamorphose qui orientent son travail avec les adolescents. Elle s’intéresse aux ratés de la métamorphose de la puberté et nous fait partager, dans trois belles vignettes cliniques, sa conviction qu’il est possible et nécessaire de s’engager dans le traitement de ces jeunes en rupture.

Nathalie Zilkha se centre sur la synergie entre corps et psychisme à l’adolescence, qui donne naissance à l’idée de métamorphose ; elle montre qu’un mouvement analogue préside aux créations métapsychologiques.

En rapportant avec détails quelques séances d’un groupe d’enfants, Vittorio Bizzozero témoigne de leurs capacités imaginaires inouïes qui font grand usage de la métamorphose. Celle-ci ouvre à la compréhension du tissage fantasmatique groupal à travers lequel la participation interprétative des psychanalystes se déploie pour rencontrer les individus et le groupe dans leurs difficultés et leurs succès.

Emmanuel Schwab conçoit la métamorphose psychique comme une transformation des croyances : confronté à un effroi qui ébranle sa capacité de synthèse, il s’agit pour le sujet de tisser un nouveau nouage à soi et au monde. Un tel processus est suivi de près dans le déroulement d’un groupe de psychodrame réunissant cinq jeunes filles. Cette analyse vise à repérer comment le sentiment d’identité est progressivement retrouvé par delà la rupture pubertaire.

Hervé Bridy
Jean-Pierre Zaugg

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7. Liaisons fraternelles

Dans la situation analytique, l’irruption fulgurante, diabolique, des objets oedipiens se manifeste, comme dans le rêve, par l’investissement multiforme des formations fantasmatiques formellement anéanties par le refoulement. Il s’agit plus d’un travail de recréation que de déguisement auquel Freud a semblé réduire ce processus. La notion de métamorphose, par sa portée poétique est ici bienvenue. J.-C. Rolland
249 pages, 2007

Susann Heenen-Wolff - Le lien fraternel et sa scène originaire
Jean-Pierre Zaugg - Les liaisons adelphiques ou la capacité de jouer avec l'autre
Mireille Fognini - L’impossible partage
Myriam Vaucher - Violence fraternelle
Nathalie Zilkha - De quelques figures du fraternel dans la cure
Olivier Bonard - Unique Œdipe?
Suzanne Chappaz-Wirthner - Les liaisons fraternelles à la lumière de la fiction
Olivier Bonard - Taviani Frères
Lucette Nobs - Investissement de la neutralité
Maggiorino Genta - La personne de l'analyste au travail
Luc Michel - De la neutralité à l'alliance thérapeutique
Owen Renik - Neutralité, désir et pouvoir dans la relation analytique
André Beetschen - Vers l'autre scène

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6. Jouer

Plusieurs auteurs ayant une grande notoriété ont contribué au dernier numéro, avec les psychanalystes de Suisse romande et les auteurs réguliers de la Tribune.
263 pages, 2005

René Roussillon - le modèle du jeu et l’expérience de « jouer»
Rodolfo Rodriguez - Jeu répétitif, jeu créatif
Jean-Claude Rolland - Sorcellerie de l'image
Anne-Lise Robert - ça ne joue pas
Olivier Bonard - Bagheera, objet transitionnel et culture
Jean-Michel Porret - Le Jeu de la pensée conceptuelle et ses altérations dans les troubles de l’apprentissage
Gérard Bayle - Jouer, bouger, rêver peut-être
Michel Voïta - Comédien, un métier paradoxal
Maurice Rey - Objet, espace et vertige
Nicolas de Coulon - L’équation ludique
Nathalie Zilkha - Le jeu en mouvement
Nina de Spengler - Drôle de drame
Emmanuel Schwab - Psychodrame et traumatisme: comment fonctionne la Catharsis
Olivier Bonard - Le surmoi, avocat du ça: La pulsion dans le jeu des instances

Erratum - Une fantaisie s’est glissée dans la fabrication de ce numéro :
L’auteur Emmanuel Schwab s’est vu prénommé Edmond.

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5. Quelle curiosité

Sans point d’exclamation ou d’interrogation, la revue commente les effets multiples de la poussée à connaître et s’étonne de cette force vitale et destructrice.
200 pages, 2004

Jacques André - Le souci de la curiosité
Myriam Vaucher - Barbe-Bleue: trauma et curiosité détournée
Jean-Michel Porret - Origines et destins de la curiosité sexuelle infantile
Jean-Nicolas Desplands - Psychanalyse et recherche empirique : est-il permis d’être curieux ?
Jean-Claude Rolland - Une figure tragique de la négation, l'ironie
Luc Magnenat - La curiosité incarnée
Mireille Fognini - Chroniques de l'incurable
Olivier Bonard - La curiosité entre tendresse et passion
Anne-Lise Von Siebenthal-Rodriguez - La curiosité à l’envers
Hans A. Thorner - Notes sur le désir de savoir
Candy Aubry Harry - Un ami qui vous veut du bien

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4. Le plaisir

Ouverte par une des plus grandes psychanalystes françaises contemporaines,
la réflexion est théorique, philosophique et clinique, et s’échappe, après avoir clarifié la notion de plaisir chez Freud, des chemins battus tant par une théorisation nouvelle que par une observation clinique serrée.
188 pages, 2002

Monique Schneider - Le plaisir et l’effroi
Serge Margel - Plaisir de mort, Epicure et les lois temporelles du destin
Jean-Michel Porret - Les modalités du plaisir dans le jeu de la bobine
Maurice Rey - Plaisir et contrainte de répétition
Olivier Bonard - Le plaisir, le phallique et le génital
Dorette Gédance - Psychanalyse et manque de plaisir à vivre
Damiano Scaroni - Le principe de plaisir, son au-delà ou son en deçà
Hélène Deutsch - De la satisfaction, du bonheur et de l’extase
Betty Joseph - Aux confins de la douleur psychique

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3. Histoire-Mémoire

A côté de rapports cliniques, excursions dans l'histoire de la psychanalyse en Suisse et réédition de fragments d'auteurs introuvables. Ouvrage très documenté.
310 pages, 2001

Mireille Fognini - Histoires de mémoire et mémoires de l'histoire
Jean-Pierre Zaugg - Rencontres avec un apprenti historien
Saskia von Overbeck - Mémoires d'exil: des projections parentales
aux projections culturelles
Michel Robert - Mémoire et destructivité
Maurice Rey - Entre présence et histoire
Florence Quartier - Histoires cliniques, histoires vives
Annie Laquerrière - Aux sources de la mémoire: identité et parricide
Luc Magnenat - Freud sous le signe de Babinski
Olivier Bonard - A la recherche des représentations perdues
Ronald Britton - Garder en tête
Lucette Nobs et Nicolas de Coulon - Psychanalyse et institutions psychiatriques en Suisse Romande: une histoire. Interview de René et Françoise Henny
Olivier Bonard - Les Suisses romands, précurseurs et pionniers de la psychanalyse de 1911 à 1931. Sept textes de: Lafontaine, Flournoy, Larguier des Bancels, de Saussure, Baudouin, Odier, Flournoy

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2. Moi-Corps

Reprend une expression célèbre de Freud pour explorer l'unité du self. De plus, un inédit en français de Mélanie Klein. Fréquemment demandé.
260 pages, 2000

Françoise Henny - Corps, psychanalyse et relaxation
Jean-Michel Porret - Le corps et le Moi
Luc Magnenat - Somatisation et conflictualité dépressive: les cas de Dick et Monsieur X
Maurice Rey - Cecy est mon corps: Symbolisme et présence réelle, transsubstantiation et métonymie dans la culture et la cure
Luc Michel - Le groupe comme métacorps
Nicos Nicolaidis - Psychosomatique sur le vif
Annie Laquerrière - Le corps en fête
Olivier Bonard - « Je suis le roi du château »
Jérôme Ottino - De la béance des représentations à la perception: relation entre rêverie, automutilations et somatisations
Mireille Fognini - L'alambic des corps: des transformations entre corps perçus, corps pensés et corps pensant
Melanie Klein - Le sevrage

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1. La Nuit

Premier numéro avec thèmes divers.
120 pages, 1998

Annie Laquerrière - De l’homme et du refoulement originaire
Jean-Michel Porret - Les modalités temporelles de la psyché
Claire Degoumois - Cet étrange état du sommeil : le somnambulisme
David Foster - Infarctus de myocarde comme Office des Ténèbres
Olivier Bonard - Clair-obscur de l’insight

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 
     

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