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Dans le numéro 7

Partant des travaux de Freud, Susann Heenen-Wolff analyse dans les sociétés modernes la tendance à l’effacement des générations, de l’autorité, des différences sexuelles ; elle interroge les enjeux de l’idéal de fraternisation et d’égalité, les rapports horizontaux qui tendent à s’imposer, y compris dans les courants de la psychanalyse depuis les années 1980.

Jean-Pierre Zaugg propose une quête des origines du lien fraternel. Il met en évidence la nature de l’objet adelphique, caractérisé par ses dimensions corporelles, ludiques et groupales. Il nous invite à penser l’articulation de deux complexes, adelphique et œdipien, en cernant au plus près une dimension peu explorée du transfert fraternel dans les relations thérapeutiques. >> Lire un extrait

Mireille Fognini nous plonge dans la richesse de ses observations cliniques et nous livre une réflexion sur les différentes figures du fraternel – la place dans la fratrie, l’expérience de la gémellité, le partage, les rivalités, l’identité fraternelle – pour les inscrire dans le champ de la psychanalyse.

Caïn tue Abel avant de construire une ville ; Romulus met à mort son frère pour assurer les limites de Rome. Myriam Vaucher Winterhalter aborde les relations fraternelles sous l’angle de leur violence et fait l’hypothèse que le meurtre du père viendrait se substituer à celui d’un frère ou d’un fils, non pas comme une réalité plus ancienne, mais comme une construction qui permette de penser l’impensable.>> Lire un extrait

Une lecture attentive du texte freudien sur le fraternel et de son articulation à la structure œdipienne, tel est le cheminement proposé par Nathalie Zihlka. L’auteur élabore une forme spécifique du « travail du fraternel » dans la cure tel qu’il s’appréhende dans le transfert et le contre-transfert.

Unique Œdipe ? A travers le complexe fraternel, Olivier Bonard chemine, avec des analysants enfants uniques, du complexe d’Œdipe au complexe préœdipien, faisant de la question adelphique une aire de transition entre ces points de vue sur la scène originaire.

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Suzanne Chappaz nous offre une lecture critique et anthropologique de L’homme sans qualités de Robert Musil. C’est dans ce cadre qu’elle avance une réflexion épistémologique sur la dynamique de
la relation fraternelle qui implique un lien vertical parents-enfants et un lien horizontal entre les membres de la fratrie.

Une période charnière de l’œuvre des frères Taviani traite des relations fraternelles et de leur co-évolution, entre similitude et altérité en rapport avec l’imago paternelle. Olivier Bonard a trouvé à la
vision de trois films une occasion d’enrichir ses points de vue sur le fraternel. >> Lire un extrait

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Après l'introduction au thème de la neutralité par Lucette Nobs, qui replace la réflexion dans l'histoire de la théorie et dans ses implica-tions cliniques, Maggiorino Genta, intéressé par la personne de
l'analyste au travail, confronte la position de Freud prônant l'abstinence – neutralité, et celle de Ferenczi, tenant de l'empathie et de la mutualité. Il souligne l'importance de reconnaître la réalité historique du traumatisme. Une neutralité trop idéale pourrait bien reproduire dans la cure l'absence d'une réponse adéquate de l'objet face à la détresse du sujet.

Autour du rapport de Freud à sa neurotica se pose, selon Luc Michel, la question du lieu du conflit, selon qu’on le situe dans l’intrapsychique ou dans la réalité externe. Il conçoit la neutralité comme centrée sur le cadre, point à partir duquel le psychanalyste peut prendre en compte sa propre subjectivité.

Figure marquante du courant intersubjectiviste, Owen Renik s’interroge à propos de l’implication émotionnelle du psychanalyste dans une relation authentique au patient. Il considère le désir et le pouvoir comme co-création du couple analytique, et il cherche à définir une neutralité vivante et dynamique.

Dans la neutralité, qui est refus d’un aspect de la relation de la part de l’analyste à son patient et à lui-même, André Beetschen voit ce qui donne sa portée au transfert. Il approfondit les conséquences de la neutralité sur la scène psychique de l’analyste. Parfois désespéré par l’infantile, l’analyste est tenté d’abandonner cette négativité pour dériver dans une symétrie relationnelle.


Jean-Pierre Zaugg
Hervé Bridy

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