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[02/10/02] La beauté de l'être cher. Dans: Champ psychosomatique, 2002, 26, 127-139
[24/09/02] L'identité narrative. Une reprise à partir de Freud de la pensée de Paul Ricoeur. Labor et Fides, Genève, 2001
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Critique ajoutée le 24/09/2002
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L'identité narrative. Une reprise à partir de Freud de la pensée de Paul Ricoeur. Labor et Fides, Genève, 2001 par Muriel Gilbert
Thèse de doctorat d'une enseignante en psychologie à l'Université de Lausanne, l'ouvrage met en dialectique trois notions: le récit, l'identité et le temps, dans trois aires de réflexion: la philosophie, l'histoire de la psychanalyse et la psychopathologie clinique.
On pourrait craindre que l'ambition de l'auteur l'ait mené à un livre trop complexe pour un lecteur peu averti en philosophie. Il n'en est rien: pas à pas, Muriel Gilbert nous rappelle quelques bases philosophiques à travers les plus grands auteurs rassemblés par Ricoeur. Le temps de Saint Augustin, la poétique d'Aristote, l'identité de Descartes…pour reconstruire à travers l'auteur dont l'étude se concentre sur quelques ouvrages la notion d'identité narrative.
La définition précise et ample de ce concept s'imposait d'autant plus qu'elle est à la mode parmi certains psychanalystes dont certains n'ont pas la rigueur de Muriel Gilbert pour se demander si l'identité narrative est compatible avec la théorie de Freud. Il y a eu ce qu'on doit appeler une "réaction" à la mode du concept de narrativité dont témoigne le numéro passionnant de la Revue Française de Psychanalyse (3,1998).
Avec prudence mais fermeté, l'auteur doit conclure qu'un antagonisme entre identité narrative et identité inconsciente est indépassable…à moins d'apporter à l'exigence du philosophe les mouvements de deuil de l'analyste. Cela ne l'empêche pas, bien au contraire, de témoigner combien la notion d'identité narrative pourrait permettre des ouvertures cliniques. Celles-ci sont cependant associées à des auteurs qui se réclament moins de la psychanalyse que de la phénoménologie. Il est possible qu'à ce point, la thèse reflète bien l'état des réflexions en cours dans les séminaires cliniques de la Faculté de psychologie de Lausanne dont sont proches quelques consultations psychiatriques de la même ville: ce n'est pas le moindre des intérêts de l'ouvrage.
Il serait intéressant que suive un livre plus ramassé sur le sujet qui laisserait une grande place à ce qu'il faut appeler une application à la clinique d'une théorie née hors d'elle et qu'on découvre un Binswanger et un Minkowski incarné dans une consultation contemporaine. O. Bonard
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